Une myriade de curiosités (ou presque) !

Bon, c’est assurément futile, mais j’ai dépassé la barre symbolique des 10.000 followers sur Twitter. Mazette. Si vous êtes usagers de ce réseau social et que vous êtes l’un desdits 10.000, vous êtes fous, mais merci dix mille fois de votre intérêt !

Pour l’occasion, j’ai fait un petit « thread » sur le thème du nombre « dix mille »… Et pas n’importe quel « thread », puisque j’y ai listé pas moins de 10000 curiosités curieuses et curiologiques sur le sujet. Vous avez bien lu.

J’y ai même une énigme inédite. Et comme certains curionautes ont probablement dix mille raisons de ne pas être sur Twitter, faisons-les profiter de la fête.

Commençons tout d’abord par ce joli mot nonchalamment glissé dans le titre : myriade. Il désigne 10000 de la même façon que « cent » désigne 100 ou « mille » 1000. Le mot vient du grec ancien, μυριάς. Ce numéral reste utilisé en grec moderne : pour dire « million », on dit εκατομμύριο, qui signifie « cent (εκατο-) myriades (-μύριο) » (ils pourraient dire « mille milliers », mais non). Bon ça, vous le saviez peut-être déjà. Mais attendez, on se chauffe juste, là.

Puisque nous sommes du côté de la Grèce, baladons-nous un peu sur divers rivages méditerranéens dans l’Antiquité. En Égypte, il existait un hiéroglyphe spécifique pour transcrire la myriade. Un doigt tourné vers la gauche. Ouaip, juste un doigt.

Désolé, il n’était pas possible de ne pas.

L’usage d’un numéral pour transcrire la valeur « dix mille » se retrouve un peu partout dans la région, à cette époque. Par exemple, dans le système d’écriture en usage du côté de la mer Égée, on utilisait ce symbole : .

Il est composé du symbole utilisé pour le nombre 1000 (un cercle avec quatre traits sur les côtés… on en recausera plus bas), avec celui du nombre 1 (un trait horizontal) placé au milieu. Fun fact dans le fun fact : il existe une collection de caractères Unicode qui permettent de transcrire ces nombres égéens. Et donc notre myriade. Faut en avoir l’utilité, ça ne s’affiche pas sur tous les supports, mais si d’aventure… [1]

Et je ne partirai pas du bassin méditerranéen sans vous donner le mot turc pour 10.000 : Tumen, qui sert de racine au numéral équivalent en hongrois et en mongol. Faudra vraiment un jour que je vous cause de mon passif avec les langues turques, qui m’a conduit dans une yourte en Sibérie, mais je vous ai déjà bien suffisamment « teasé » comme ça. On passe au 3⃣, qui nous emmène toujours plus à l’Est, et nous offrira une excellente transition…

L’usage d’un numéral pour transcrire la valeur « dix mille » est également courante dans plusieurs pays d’Asie. En vietnamien, ça se dit vạn. En khmer, meun (ម៉ឺន). En chinois, on a le caractère 萬 (万 dans sa version simplifiée), qui se prononce wàn en mandarin, maan en cantonais, bān en minnan (du côté du Guangdong mais également à Taïwan). Ce caractère est également utilisé en japonais (萬 idem), mais aussi en coréen (au côté du caractère 만, où il se prononce man). Man, ban, maan, ban. Tout ceci, je l’ai dit, prépare à merveille l’anecdote suivante.

En japonais, ce symbole de la myriade (万) se prononce… mmm… comment transcrire ça au mieux… entre « m-a-nn » et « b-an-nn ». Et là, vous allez découvrir (ou redécouvrir) que vous connaissez au moins un mot japonais qui incorpore la notion de myriade…

Banzaï ! 万歳 ! Cela signifie littéralement « 10.000 ans (d’âge) ». Sous-entendu : nous souhaitons 10.000 ans de vie à l’Empereur. C’est bien, c’est cool, faut prévoir large.

Les lecteurs assidus de ce blog ont déjà eu vent de l’anecdote précédente dans un autre contexte : ma chronique / contre-enquête sur la préconisation sanitaire « il faut effectuer au moins 10.000 pas par jours ». Je ne vais pas vous refaire toute l’histoire mais, version courte, la préconisation dérive initialement du nom d’un podomètre mécanique écoulé au Japon lors des jeux Olympiques de Tokyo (le fait est assez connu d’ailleurs).

L’objet présentait un cadran gradué, qui pouvait compter jusqu’à (devinez) 10.000 pas, et se nommait (devinez) manpokei, le « compteur de 10.000 pas ». Les usagers ont pris cela pour une préconisation.

MAIS ATTENDEZ, L’HISTOIRE NE S’ARRÊTE PAS LÀ !

Selon une histoire rabâchée au moins dix mille fois, y compris dans la littérature scientifique, cet objet, son nom, son design, découlerait des travaux d’un chercheur nippon, qui aurait démontré l’intérêt des 10.000 pas quotidiens quelques années plus tôt. Pour vous, curionautes, j’ai mené l’enquête, et tout pointait en direction d’un fait faux.

J’ai réussi à contacter le chercheur en question, qui m’a déclaré que j’étais le premier, en plus de 50 ans, à lui poser la question. Et non, ses travaux ne précèdent pas la mise en vente du manpokei, mais se sont inspiré du succès de l’objet. Si vous le lisez ailleurs et qu’on vous dit « ah ah, c’est une idée reçue, tout le monde sait que c’est faux », le vulgarisateur qui vous fait face est un bon petit roi du bluff, et ne cite pas ses sources. S’il vous colporte l’histoire du chercheur qui a inspiré la conception du podomètre, c’est presque pire : non seulement il pille des sources, mais en plus il en pille des mauvaises.

Bon, tant qu’on en est aux 10.000 pas quotidiens, et comme vous avez la flemme de lire l’article que j’ai écrit (et ses sources scientifiques croisées) : 10.000 pas, c’est très bien, mais 9.000 c’est pas mal non plus. Ou même 5.000. Techniquement : plus on en fait, mieux c’est. Les bénéfices identifiés croissent avec le nombre. Ne vous laissez pas décourager par un objectif trop ambitieux. Quand vous le pouvez, marcher. Oui je sais, en temps de confinement, c’est compliqué… M’enfin gardez cette info dans un coin de votre tête pour les jours où vous pourrez gambader de nouveau : chaque pas de fait, c’est un peu de santé de gagnée. Allez, allez lire l’article quand même (je ne gagne pas des sous au clic, y a pas d’pub chez moi).

Tiens, puisqu’on parle « pas d’pub », je vous rappelle que vous pouvez soutenir mon travail sur uTip… Et puisqu’on parle porte-monnaie, soyons francs. Enfin plutôt, parlons francs. Du temps des anciens francs donc, circulait en France un billet de 10.000 francs (grosso modo, 100 balles en nouveaux francs, quoi). Jusque là, rien de bien inattendu. La curiosité dont je veux vous causer concerne le billet édité juste après la seconde Guerre mondiale. C’est une « petite » curiosité, une petite particularité dirons-nous, mais elle me plait bien.

En effet, au lieu d’y faire figurer le portrait d’une personnalité [2], il fut décidé d’y apposer deux allégories du « génie français ». Sur une face du billet, une femme, sur l’autre, un homme, avec divers attributs scientifiques et artistiques. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour l’époque ça voulait dire beaucoup [3]… et je trouve qu’il y a quelque chose de chouette non seulement de célébrer la créativité plutôt que la guerre, mais surtout, surtout, de le faire en rappelant que le génie n’a pas de genre. Avec le droit de vote des femmes autorisé en 1944, on était sur une bonne lancée, j’ai la faiblesse d’y voir un peu le prolongement… Bon après, pour les autres items à cocher dans le dossier « égalité des sexes », notamment tous les trucs concrets par-delà les symboles, il y avait encore du taf. Y’a encore du taf, d’ailleurs…

Pour rester dans la maille, le flouze, la grosse moula, sachez qu’il existe plusieurs billets de 10.000 dollars étasuniens. Et je ne vous parle pas d’un temps où la récession ou l’inflation auraient rendu nécessaire de sortir 10 millions de dollars pour acheter un bagel, non. Bien au contraire. Compte tenu de l’inflation, un dollar de l’époque équivaut à 14,85 dollars actuels. Donc je vous parle de l’équivalent d’un ticket à 148,539.88 US$. Ça en fait, des bagels.

Son usage, à ma connaissance, était exclusivement réservé aux transactions entre les différentes réserves fédérales, mais plusieurs personnes m’ont récemment affirmé que non, pas uniquement. Je suis preneur d’infos complémentaires, du coup.

In gold he trust.

Sur les billets de 10.000 US$ édités entre 1928 et 1934, on peut voir la tronche de Salmon P. Chase, à qui l’on doit l’ajout de la devise « in god we trust » sur la monnaie. Ils voulaient ajouter « and fuck the atheists », mais il n’y avait plus la place.

Pour l’anecdote, il existe un billet de 100.000 US$, avec la tronche de cette canaille de Woodrow Wilson dessus, mais je vous raconterais ça pour dans 90.000 abonnés Twitter.

Pour l’enchaînement logique avec l’anecdote suivante, il va falloir sortir les rames. Ayant longtemps habité Paris, si je ramais sur la Seine autant que j’allais devoir ramer pour faire ma transition, j’arriverais assurément à Troyes. Oh bah tiens, ça alors ! Une transition !

10000 est le code postal de la ville de Troyes. Par un heureux hasard, la ville de Dimil a pour code postal 00003.

Non, je déconne, bien sûr. J’ai cherché une anecdote rigolote sur la ville de Troyes, en rapport avec le fait qu’une branche de ma famille est originaire de l’Aube, mais rien d’assez surprenant pour figurer dans cette liste. En revanche, vrai hasard cette fois, la dernière conférence que j’ai donnée juste avant le confinement était à Troyes, dans les locaux de l’UTT, et l’accueil était vraiment excellent. J’ai effectué une captation audio de la conf’, je ne l’ai pas encore réécoutée, mais si elle est de bonne qualité je la mettrai en ligne là où vous savez.

Ah, tiens, j’ai la transition logique avec l’anecdote suivante. La conférence juste avant celle de Troyes était une intervention sur l’Astronomie, l’un de mes violons d’Ingres, intervention qui fêtait son dixième anniversaire. Je ne vous bassine pas avec le sujet de ladite conf’, mais puisque j’ai réussi à commencer à vous causer astronomie, hop, anecdote neumbeurre !

En 1999, le sort de Pluton a été débattu par les astronomes. Planète, ou pas planète ? On le rétrograde en astéroïde, ou pas ? Quelqu’un fit remarquer que le catalogue des astéroïdes arrive bientôt à sa dix-millième entrée, et que ce serait trop cool d’attribuer ce nombre trop cool à Pluton. Ça ferait passez la pilule de la perte de son statut, non ? Non ? Non [4]. Pluton reste une planète, ton 10.000 tu le donnes à qui tu veux, on a neuf planètes, pas huit. Le numéro 10.000 est attribué à 1951 SY, un astéroide de 2.8 km de diamètre découvert en 1951 (duh) par l’astronome Albert George Wilson. On lui décernera le nom officiel de Myriostos (vous retrouvez la racine mύριο…). Le 24 août 2006, l’Union Astronomique Internationale décida finalement que Pluton ne remplissait pas les critères qui définissant à proprement parler une planète, et la classa dans les « planètes naines ». Dans la classification astronomique, un numéro beaucoup moins top la classe échoit au caillou déchu, 134340. Décidément, il a pas de bol, Pluton. Il doit être déçu, ché chûr.

134340, un peu blasé.

Si vous êtes un afficionado de curiologie, et même un afficionado de l’avant-dernière heure, vous connaissez déjà la curiosité n°11 puisque, hasard du calendrier (ah ah, vous allez voir dans un instant à quel point cette dernière phrase est cocasse, le lol mon ami, le lol), elle a fait l’objet d’un article dont la publication était programmée… pour ce 5 avril.

Cette anecdote est, avant tout, une suggestion d’activité manuelle pour occuper petits et grands en temps de confinement. En effet, je vous propose de vous lancer dans la fabrication, à peu de frais, du plus cool des calendriers : le calendrier holocène.

Pour cette activité, munissez-vous d’un calendrier de l’année en cours, ainsi que d’un stylo. Avec ledit stylo, rajoutez un « 1 » devant tous les « 2020 » que vous apercevrez sur le calendrier.

Bravo ! Vous avez un calendrier holocène !

Bon, voilà, ça vous a pris une minute, mais c’est toujours une minute durant laquelle vous ne vous serez pas préoccupé du covid-19.

C’est une plaisanterie ? Non, pas du tout. C’est très sérieux, et c’est absolument génial. Nous sommes le 7 avril 12020, selon le calendrier holocène. Ce calendrier qui repose sur une idée brillante, et un principe incroyablement simple. Le principe, vous l’avez déjà saisi, consiste à ajouter 10.000 ans à la date en cours de l’ère dite conventionnelle (ou ère commune), celle associée au classique calendrier grégorien. Pour le côté génial, je vous renvoie bien évidemment à l’article de ce week-end.

« Dix millénaires ? Ça vous flanque un de ces torticolis ! »

Bon, là, je vais vous raconter ma vie. Enfin juste un moment rigolo dans ma vie. Je fête peu mes anniversaires. Mais début mai 2009, j’ai fait une méga-teuf avec plein de super potes. Il y avait un cap symbolique que je ne voulais pas laisser sans célébration (bon d’accord, c’était surtout prétexte pour festoyer, mais chut) : ma myriade. Mes 10.000 jours. Truc rigolo pour les athées : 5.000 jours, ça correspond à peu près à l’âge où, dans plein de religions, on doit faire un rite de passage (Bar Mitzvah, communion…). Si vos ados de 13 piges se disent qu’eux aussi ils aimeraient bien faire une fête comme leurs copains croyants, vous pouvez leur organiser une demi-myriade, c’est assez cool comme concept. Mais la vraie giga fiesta, c’est pour les 27 piges et quelques, la myriade quoi. Si vous organisez ça, n’hésitez pas à m’en toucher deux mots, ça me fera plaisir de savoir que l’idée essaime !

Rôh, je vous ai parlé des symboles qui servaient à signifier la valeur 10.000 dans l’antiquité, mais il y a un aussi des choses rigolotes côté XVe et XVIe siècles. Dans un certain nombre de manuscrits où les valeurs étaient inscrites en chiffres romains, on a trouvé des ruses pour signifier les grands nombres. 10.000 s’écrivait : ↂ, jolie myriade qui a son symbole Unicode (U+2182), et qui sert de puce intercalaire à notre florilège de curiosités depuis le début de la page. (Si vous voyez un carré plutôt qu’un joli machin tout en rondeurs, votre navigateur n’affiche pas les bons symboles Unicode, et pour la suite de l’anecdote il va falloir faire preuve d’un peu d’imagination, déso).

Pourquoi ce symbole ? Pour une raison similaire au fait que 50 (quinquaginta) s’écrit L et 500 (quingenti) s’écrit D. Je suis sûr que, comme moi, vous pensez que 100 s’écrit C parce que c’est l’abréviation de CENTVM. En réalité, en tout cas si on en croit l’historien des chiffres Georges Ifrah (décédé en novembre dernier…), c’est plus tordu que ça. Je sais qu’une partie des travaux d’Ifrah a été jugée très spéculative ; il me semble que la partie qui nous intéresse fait, elle, consensus (n’hésitez pas à me dédire, pas de chichis entre nous). C’est donc parti pour l’explication d’Ifrah.

Dans l’antiquité, les premières traces du 100 latin ressemblent à un X traversé d’un I (pour signifier que le chiffre traversé appartient à une dizaine supérieure). Ça ressemble à ✲.

Le Numerorum mysteria de Pietro Bongo, daté de 1591. Jetez un coup d’œil à la date, justement (tout en bas) : ∞ (1000), |Ɔ (500), XC (90), I (1).

Le symbole du I au milieu d’un autre symbole pour signifier une dizaine supérieure est fréquente dans l’Antiquité, remontez à l’anecdote sur le 10.000 écrit en nombres égéens, c’est le même délire.

Avec le temps, on a commencé à écrire ✲ comme ça : >|<. Puis ainsi : Ɔ|C. Que l’on retrouve abrégé tantôt Ↄ tantôt C. Et comme, oui, « CENTVM » commence par un C… c’est cette dernière abréviation qui a connu le succès. Même logique pour 50. Le 5 (V) traversé d’un I (pour la dizaine supérieure) ressemble à \|/. On trouve des écrits où il est aplati, soit ⊥. Le temps a fait son affaire, et on a simplifié en L. On continue avec D, qui serait l’accrétion de ⊥ et de Ↄ (un 50 dans un 100). Mille se serait longtemps écrit avec dix entouré Ⓧ, puis ⊕, simplifié  ↀ, et parfois écrit C|Ɔ, parfois ⋈… ⋈ qui a finalement été assimilé en M, parce que « mille », sur la même logique totalement logique du « cent ».

Et oui, pour la blague, ↀ est aussi l’origine du symbole ∞, l’infini.

Le système de notation que je viens de vous décrire, a perduré très longtemps, et diverses variantes ont coexisté. Exemple ci-contre avec la couverture du Numerorum mysteria de Pietro Bongo, daté de 1591. Jetez un coup d’œil à la date, justement : ∞ (1000), |Ɔ (500), XC (90), I (1). Ou juste au-dessous, avec une inscription sur une façade à Amsterdam (C|Ɔ |Ɔ C XXX qui font donc… 1630).

Inscription sur une façade à Amsterdam. Si vous comptez bien, vous devez arriver à la date : 1630.

Bref, revenons à notre C|Ɔ.

Cette graphie, son étymologie et sa signification étant bien connue à la fin du Moyen-Âge et au début de la Renaissance, des petits malins qui avaient besoin d’écrire de plus grands nombres ne sont pas allé chercher bien loin. Et pour écrire 10000, ils utilisèrent la notation…ⅭⅭ|ↃↃ. Et quand vous écrivez propre, ça donne, je vous le donne en mille (ou plutôt en dix-mille)… ↂ . Étonnant, non ?

Pour cent mille, vous pouvez écrire CCCꟾↃↃↃ, mais il n’y a pas de caractère Unicode.

L’enchaînement est, cette fois ci, tout naturel. Beaucoup d’entre vous ont commencé à suivre ce compte Twitter du fait de l’un de mes très vieux passe-temps : la création d’énigmes. J’ai quelque temps animé un blog invité du Monde point éfère sur ce thème, d’ailleurs, les plus anciens s’en souviennent peut-être (« l’Arrache-cheveux »)… Bref. Dix mille abonnés oblige, je vous propose une énigme inédite.

Prenez toutes les lettres de DIX MILLE qui correspondent à un chiffre romain (les sept premières, autrement dit toutes sauf le E). En utilisant au moins une fois chacune des quatre opérations de base (+,-,*,/… et uniquement ces opérateurs !) ainsi que les sept chiffres (oui, tous les sept, chacun une seule fois), aboutissez au résultat 10.000. Je vous mets la solution en note de bas de page. Aller voir sans avoir cherché avant, c’est mal. [5]

Puisqu’on cause jeu, divertissement, et tout le bazar, j’en profite pour vous parler d’un jeu de dé très sympa, auquel j’ai dû jouer des centaines d’heures dans ma vie, qui s’appelle… et oui, vous l’avez deviné : le 10.000.

Vous le connaissez peut-être aussi sous le nom de « Zilch ». Vous trouverez les règles à cinquante endroits sur le net, mais vous pouvez tout aussi bien apprendre sur le tas en utilisant ce très bon adversaire virtuel. ça fait longtemps que j’ai décroché, mais de mémoire c’était très addictif. Vous êtes prévenus. Si vous êtes confiné avec au moins une autre personne et que vous avez six dés dans vos placards, c’est parti pour d’intenses parties de 10.000 !

Beaucoup d’entre vous s’en doutaient dès le début du thread : lorsque je promettais de vous narrer 10000 faits curieux, j’écrivais en binaire. En base décimale, cela se prononce : seize. J’en profite pour vous proposer une activité ludique en temps de confinement (qui peut s’avérer très pratique au quotidien) : apprendre à compter sur ses doigts en binaire. Main droite fermée : 0. Pouce levé : 1. Ajoutez 1 : le pouce se baisse, l’index se lève : 10 (deux). Ajoutez 1 : le pouce se lève 11 (trois). Ajoutez 1 : puisque le pouce est déjà levé, baissez-le. L’index est déjà levé, baissez-le. Levez le majeur : 100 (quatre). Et accessoirement, vous venez de faire un doigt d’honneur. Vous pouvez continuer ainsi, et parvenir jusqu’à 31 sur une main, et jusqu’à 1023 avec vos deux paluches. Je vous mettrais peut-être un jour un tuto vidéo sur la chaîne YouTube curiologie (qui aurait dû démarrer en 2016, mais suite à des soucis informatiques, j’ai transformé les premiers scripts en quelques chapitres de SSDOTG). Bref. Si vous avez choppé le truc, vous avez toutes les clefs en main pour résoudre cette énigme proposée sur Twitter en 2015, que vous aviez pu retrouver ultérieurement dans « l’Arrache-Cheveux » (cf ).

 

Voilà, nous avons atteints les 10000 curiosités promises (en binaire) pour célébrer le franchissement de la barre symbolique des 10.000 abonnés Twitter (en décimal)… Si vous voulez un thread de 32 anecdotes le nombre 100.000 (cent mille), où je vous parlerais du billet avec la tête de Woodrow Wilson et de plein d’autres trucs rigolos, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Je plaisante. Mais, en tout cas…

…je vous remercie encore 10.000 fois d’être là si nombreux. J’espère continuer à alimenter votre curiosité à l’égard des choses curieuses durant, au bas mot, les 10.000 prochains jours ! Ce qui nous amène au vingt-sixième jour du mois d’août 2047. Ben voyons.

Amitiés curiologiques… et banzaï !

Florian (@curiolog)

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Notes, digressions et références

[1] Tant qu’on y est, j’en profite pour vous partager cette petite pépite : une collection gratuite de polices de caractères permettant de retranscrire une palanquée de langues anciennes, de l’égyptien à l’akkadien, de l’assyrien au maya, en passant bien sûr par ce qui s’écrivait du côté de la Mer Egée. Le petit Indiana Jones des bacs à sables que j’étais il y a 30 ans aurait surkiffé.

[2] Ils se rattraperont en y collant la trogne de Bonaparte quelques années plus tard, cela dit…

[3] Tiens, ça pourrait faire un bon refrain de chanson, ça…

[4] Les débats de l’époque sont, parait-il ,très bien resumés dans ces deux sources ; mais (comme toujours, je suis transparent !) je n’ai pas encore fureté dedans :

  • G.M Hurst, « THE ASTRONOMER Electronic Circular No 1420 », 20 juin 1999.
  • Tholen, Asteroid News Notes, The Minor Planet Bulletin, Bulletin of the Minor Planets Section of the Association of Lunar and Planetary Observers, vol. 26, dec.1999, pp. 34-35

[5] Une solution parmi d’autre : ((1000 / (50+50)) + 10) * 500 + 1 – 1 = 10000

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